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CHAPITRE 1 Modifier

DRIIIIING! DRIIIING!

Oh non… La routine insupportable va commencer… Oh, et puis merde. Je m’en fiche. Aujourd’hui, je sèche. J’éteint le réveil, rabats la couverture sur moi et me rendors en quelques minutes. 10 minutes après, le réveil re-sonne.  OK, t’as gagné, je me lève. De toute façon, je n’aurais pas réussi à dormir si tu sonnais toutes les minutes. Je descends dans la cuisine, en pyjama, les cheveux en bataille et une avalanche de cris m’accueille :

« -     Enfin, tu es réveillée ! s’exclame maman.

-       Tu as douze minutes de retard, ajoute papa.

-       Si ça se trouve, tu vas être renvoyée !

-       Eh, du calme, ce n’est pas avec douze minutes de retard qu’on est renvoyé ! réponds-je en rigolant, vous êtes trop stressés !

-       Ce n’est pas drôle ! Jade est partie il y a une demi-heure, tu devrais prendre exemple sur elle au lieu de dormir comme un loir ! hurle papa au bord de la crise. Lilya, quand est-ce que tu vas prendre ton avenir en main ? Tu es en train de gâcher ta vie ! 

Ah oui… Jade. Cette petite peste de 10 ans, la chouchoute des parents parce qu’elle accepte d’être transformée en clone d’eux même.

- Aimer la guitare et le rock, ce n'est pas ce que j'appelle gâcher ma vie ! crie-je en bousculant ma mère pour sortir, brûlante d'indignation.

Je marche sans savoir où aller en ruminant ma colère. Jade par ci, Jade par-là, mais s’ils savaient comme je la déteste celle-là ! Pas question de finir enfermée dans un bureau face à un ordinateur plein de chiffres et de nombres. Moi, tout ce dont j’ai envie, c’est de faire partie d’un groupe de rock et de voyager dans le monde entier avec ma guitare électrique. Enfin je dis « ma » mais je n’ai pas de guitare à « moi ». J’emprunte celle du centre de musique, là où je vais quand je sèche les cours. Au moins, Kate, la patronne du centre, me prend au sérieux et me comprend. Elle est d’accord avec moi sur le fait que les cours ne servent à rien, que mes parents et ma sœur sont des idiots et que j’ai raison de leur tenir tête. J’arrive justement devant la porte du centre. J’entre, et la délicieuse atmosphère joyeuse et musicale me fait oublier tous mes soucis. Je vais droit vers la salle ou Jessie, ma meilleure amie, va habituellement. Elle est un peu comme moi. Elle aussi elle a des parents débiles qui se moque de ses goûts. Elle aussi elle sèche les cours pour venir ici. C’est pour ça qu’on s’entend bien, par ce que nos parents veulent nous transformer en petit doubles d’eux même et que nous, on dit non. Dire non à l’injustice, ils ne vont pas me reprocher ça, quand même ?

CHAPITRE 2 Modifier

J’ouvre la porte de la salle Mozart. Oui, c’est bien comme ça qu’elle s’appelle. C’est complètement ridicule mais bon, faut faire avec.

- Salut ! je lance en déposant mon manteau sur une chaise.

Jessie ne me répond pas, mais elle me regarde les yeux ronds, comme si je portais une pancarte avec marqué « VIVE LES PAILLETTES ». Ce n’est qu’à ce moment-là que je me rends compte d’une chose très humiliante : Je suis sortis de chez moi tellement en colère que j’ai oublié de m’habiller. Comme si j’avais besoin de ça aujourd’hui. Je baisse les yeux sur ma tenue : T-shirt de pyjama rose pailleté et legging noir et blanc à petits froufrous. Je suis sur le point de mourir de honte, surtout quand je remarque que j’ai aussi gardé mes pantoufles !

Jessie éclate de rire :

-       Eh bah… T’est partie sur un coup de tête, non ? Parce qu’oublier de s’habiller, ce n’est pas ce qui arrive tous les jours !

-       C’est bon pas la peine de te moquer, grogne-je avant de lui raconter toute la scène que mes parents on fait pour « douze minutes » de retard.

-       Ok… Je vois. J’espère que ça va s’arranger, parce que chez moi c’est une chose qui n'est pas prêt d’arriver.

-       Pourquoi ? demande-je, inquiète. Il s’est passé quelque chose ?

Jessie ne répond pas. Elle s’installe sur le piano et joue quelques airs. Elle joue super bien. Elle a même composé un morceau ! Il n’est pas très long, mais très beau.

-       Ma mère est partie, finie-t-elle par lâcher.

-       Comment ça ? Partie de chez toi, définitivement ?

-       Oui. Je n’ai même pas réussi à l’arrêter ! Depuis toujours, je croyais qu’elle était d’accord avec papa sur le fait que la musique est sans importance que je ne vaut rien et tout le reste, alors que non ! Si elle nous faisait croire le contraire, c’était pour ne pas le perdre. Mais quand il m’a dit une fois de plus que je ne valais rien et que je n’étais bonne qu’à énerver mes parents, elle n’a pas résisté une seconde de plus et elle lui a balancé des tas d’horreurs à la figure. Alors il l’a chassée de la maison en lui hurlant de ne jamais revenir…

Jessie commence à sangloter, de plus en plus fort. Je ne vois rien d’autre à faire que de la serrer dans mes bras. Décidément, sa famille commence à partir en vrille.

Et je suis prête à parier que la mienne ne va pas tarder à l’imiter.

CHAPITRE 3 Modifier

Quand je rentre chez moi, je trouve maman en train de parler au téléphone et papa devant son ordinateur en train d’écrire un e-mail à son travail. Il ne lève même pas la tête quand il m’entend entrer – d’ailleurs, m’a -t- il même entendu ? – en revanche, maman murmure un « je vérifie ça tout de suite, elle vient de rentrer » au téléphone avant de se précipiter vers moi et de s’exclamer :

- Lilya ! Qu’est ce que c’est que cette histoire ? Je viens d’avoir la principale de ton collège au téléphone, il paraît que ça fait la cinquième fois depuis deux semaines que tes profs ne te voient pas en cours ! Explique-toi !

- Tu n’avais pas remarqué ? marmonne-je. Tu ne surveille pas trop ta fille, on dirait. Ah oui, j’oubliais que tu étais occupée avec une autre. Comment s’appelle-t-elle, déjà ? Jade, c’est ça… Je ne me rappelais plus.

- Tais-toi !! s’emporte-t-elle.

- Chérie, n’entre pas dans son petit jeu,intervient papa qui ne doit s’être rendu compte de ma présence qu’à ce moment-là. Elle veut juste t’énerver.

Mon petit jeu ? Je vous ouvre juste les yeux sur la réalité, bon sang ! hurle-je intérieurement.

- Lilya, tu vas arrêter de sécher les cours, continue papa, et tout de suite, sinon…

- Sinon quoi ? Raille-je.

C’est ce moment là que choisi Jade pour faire son apparition.

- Sinon tu finiras à la rue, sans un sou, avec pour seule compagnie une guitare dont tu ne sais même pas te servir, complète-t-elle, moqueuse.

Qu’est-ce qu’elle a dit ? Que je finirais à la rue ? Que je ne sais pas me servir de ma guitare ? Elle va voir ce dont je suis capable…                                                                                                          Je lui attrape le col, la plaque contre le mur, prête à la frapper :

- Répète un peu, je siffle, mon visage presque collé au sien.

- Stop, Lilya, arrête !!! hurle maman.

Mon idiot de père m’agrippe les épaules et me tire en arrière.

- File dans ta chambre ! Je ne veux plus te voir ! Tu as dépassé les bornes, Lilya. Ta mère et moi te surveillerons de près demain, et je vais m’assurer que tu te rendes bien à ton collège.

- C’est ça, c’est ça… maugrée-je en bousculant cette imbécile de sœur pour monter dans ma chambre.

Je claque la porte derrière moi. Mais pour qui ils se prennent ? S’ils croient que j’irais au collège demain, ils se fourrent le doigt dans l’œil. Soudain, j’entend un cliquetis dans la serrure. Je me précipite vers la porte. Trop tard. Ils m’enferment, comme une prisonnière. Même si ma joie a complètement disparue, ma fierté, elle, est intacte. Pas question de rester dans cette chambre minable à m’apitoyer sur mon sort. Mais comment sortir ?

- La fenêtre. tu dois sortir par la fenêtre, me murmure une voie imaginaire dans ma tête.

Peut-être, mais tu es nulle en escalade… m’en murmure une autre.

Je décide d’écouter la première voie. Si je faisais comme dans les livres, c’est-à-dire nouer plusieurs draps pour en faire comme une corde ? Sauf que je n’ai qu’un seul drap. Evidemment. Mais si je rajoute mes jeans et mes T-shirts, ça devrait faire l’affaire.

En dix minutes, la corde est prête. Je l’attache le plus fort possible à la poignée de la fenêtre, et je commence mon ascension…

CHAPITRE 4 Modifier

Franchement, je suis vraiment idiote. J'aurais pu attendre dans ma chambre aussi minable soit-t-elle, mais j'ai préféré escalader un immeuble avec un... Une... UNE CORDE FAITE DE T-SHIRTS !!! Je peux tomber et me fracasser le crâne à tout moment.

Enfin bon, je ne peux plus revenir en arrière. Je poursuis donc l'Extraordinaire et Incroyable Ascencion de Lilya la Débile. Chers lecteurs, vous avez sans doute imaginé quelques fins horribles et sanglantes pour moi, la Reine de la Nullité, mais vous allez être déçu : j'ai réussi à arriver en bas en un seul morceau. Oui, l'Idée Carrément Idiote de la Reine de la Nullité a fini par marcher !


Je laisse ma corde faite maison pendouiller de ma fenêtre pour énerver les passants et me dirige vers... Euh, vers... La forêt, tiens ! Je pourrais frapper dans les troncs d'arbre pour soulager la fureur qui brûle en moi, car je suis plutôt en colère comme vous pouvez le constater.

Une fois arrivée, je commence à courir entre les arbres (je me suis rendue compte que frapper les troncs risquait de me briser les phalanges) tout en ruminant ma colère contre mes parents (vous devez avoir compris que je fais ça souvent).Qu'est ce que c'est que cette famille ? Une sœur qui m'insulte à chaque fois qu'elle me croise et des parents qui l'approuvent.Une idée un peu folle germe dans mon esprit. Non, une idée COMPLÈTEMENT folle. Je sais que ce n'est pas bien, mais je ne peux pas rester une seconde de plus avec cette famille. Je rentre chez moi pour me préparer.

Me préparer à quoi, à votre avis ?

À partir. À fuguer.

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